L’histoire d’un livre sur le tissage

J’avais trois rêves:
– écrire un livre
– concrétiser un beau projet autour du tissage
– voyager dans l’espace et le temps pour trouver la fin de l’univers.

Je viens d’en réaliser deux d’un coup.

Tout commence par un simple mail, l’été dernier, au moment d’une sieste en Espagne. Il faisait chaud et ce n’était surtout pas le moment de s’agiter. Un mail, un simple mail qui m’a fait fermer l’ordi aussi sec comme pour l’empêcher de s’effacer. Mais il est resté là. J’ai pu le lire, le relire… Une proposition. Premier instant de joie. Première excitation.

Puis un coup de fil. Une discussion. On élabore, on imagine. J’ai carte blanche. Second instant de joie. Seconde excitation.

Le reste est un mélange de plaisir, de travail, de passion, de doutes, de pelotes de laine partout dans la maison, des photos à ne plus savoir laquelle choisir, de joie, de sauts d’humeur entre motivation, assurance, crainte et peur. Et puis il y a l’entourage. La famille, les amis, ma mère qui elle aussi tissait. Le soutien et les encouragements. Avoir des étoiles plein les yeux. Se lever le matin avec sa passion en carotte. Prendre plaisir, énormément de plaisir à chercher, inventer et réaliser des tissages tous plus différents les uns que les autres pour donner envie et surtout s’initier au tissage.

15 projets mettant chacun l’accent sur différentes techniques. Des projets pour s’approprier les techniques de bases, des projets pour s’inspirer et sortir du tissage rectangulaire. Des tas d’astuces pour se rattraper ou aller plus loin. J’espère amener les débutants à s’y retrouver et les tisseuses plus averties à s’inspirer.

Il est beau avec un rendu minimaliste comme j’aime. Je suis très fière de ce livre, fière d’être allée jusqu’au bout.

Weaving book DeerJane

Les tissages de DeerJane aux éditions Larousse – Dessain & Tolra

Sortie de le 31 mai

J’avais trois rêves – écrire un livre, concrétiser un beau projet autour du tissage, voyager dans l’espace et le temps pour trouver la fin de l’univers – et je viens d’en réaliser deux d’un coup.

Maintenant je vais m’atteler à réaliser le troisième…  🚀 ✨ ⭐️ ☄️

Livre tissage/ Weaving book DeerJane

À la revoyure ! Geronimo !

|Technique Tissage | Tisser sans métier

Au-delà de la simple décoration, le tissage peut aussi être pratiqué sous forme d’installation se rapprochant d’une forme d’art contemporain. Il y a des tisseuses très inspirantes. Je vous invite à voir le travail de Meghan Shimek qui ne se contente pas de tisser en grand, mais fabrique d’énormes tissages qui donnent envie de s’insérer dedans. Même si cette technique est différente c’est elle qui m’a inspirée ce pas à pas de tissage effectué sans métier à tisser.

Tisser sans métier peut s’avérer parfois pratique.
Il s’agit d’une méthode très simple, nécessitant le minimum de matériel qui conviendra à tout débutant.

matériel tisser sans métier

Dans mon panier:
– une baguette de bois
– de la laine mèche *
– des ciseaux

* Il est possible de le réaliser avec de la laine plus fine mais dans ce cas, autant le faire avec un métier à tisser. Cette technique fonctionne surtout avec de gros fils.

La recette:

1- Couper les brins de laine de la même longueur. Pour ma part, j’ai utilisé 16 brins couleur ivoire et 2 brins gris.

DeerJane

2- Nouer chaque brin côte à côte sur le support en bois. Il faut faire une boucle, passer les extrémités du brin à l’intérieur et resserrer le noeud avec les doigts. Votre chaîne est ainsi montée.

monter la chaîne by DeerJane

3- Voici le moment du tissage. Nous allons utiliser le point de base, le point le plus simple du tissage. Pour cela, il suffit de lever un brin sur deux – par exemple tous les brins pairs – puis de passer le fil de trame sur la largeur du tissage. Un petit rappel du vocabulaire ici.

Tisser sans métier by DeerJane

4- Rabaisser les brins levés sur le fil de trame, puis relever un brin sur deux en contrariant le travail précédent. Si vous avez levé les brins pairs, il faudra lever les brins impairs. De nouveau, passer le fil de trame sur la largeur du tissage et rabaisser les brins levés.

no loom weaving/ DeerJane

5- Continuer ainsi jusqu’à obtenir la longueur souhaitée.

Tisser sans métier/ DeerJane

6- Une fois le tissage fini, rajouter des franges pour obtenir un effet plus dense sur la partie basse. Il faut nouer le brin qui servira de frange autour de deux brins de fil de chaîne. Comme précédemment, il faut faire une boucle et glisser à l’intérieur les deux extrémités du brin de frange. Pour que le tissage ne bouge pas, nouer ensuite les deux brins de trame ensemble pour bloquer le noeud.

Nouer les franges/ DeerJane

7- Retourner le tissage, à l’aide de vos doigts rentrer les fils dans l’ouvrage de manière horizontale.

rentrer les fils/ DeerJane

Votre premier tissage sans métier est prêt.

weaving by DeerJane

Plutôt facile à réaliser pour un très beau rendu !

DeerJane X Peace and Wool

Cet été, Peace and Wool a proposé à plusieurs personnes un concours fermé autour du tissage. Nous avions carte blanche, la seule contrainte, utiliser une grosse laine roudoudou: la Superlaine.

superlaine2

L’occasion de sortir de ma zone de confort et d’aller chercher un peu de couleurs et revenir sur un aspect un peu plus graphique que ce que je fais d’habitude. Un tissage un peu plus pop, qui navigue dans les bleus, une Superlaine qui sert de guide, cheminant tout le long du tissage…
Il vous plait ?

Pour ce qui est de la laine, je la connaissais déjà et l’utilisais pour divers projets: bonnet, gros plaid, tissage…
Elle est très agréable à manier. En travaillant le brin, elle peut être séparée et donner un côté plus cotonneux. On peut en voir sur le tissage-souvenir ou sur certains tissages Zens.

Je me suis amusée avec une petite séance photo !!

weaving by DeerJane X Peace and Wool

tissage by DeerJane X Peace and wool

tissage by DeerJane

superlaine

DeerJane X Peace and wool

tissage by DeerJane

weaving by DeerJaneXPeaceandWool

Tissage & Family

Aujourd’hui, j’ai envie de rendre hommage à ma famille et particulièrement à ma mère. Celle qui est toujours présente, toujours prête à appendre des choses et partager tout son savoir-faire. J’ai souvent écrit que j’avais appris seule à tisser en suivant des vidéos au tout début puis en me documentant à travers des manuels anglais de tissage. C’est vrai. J’aime découvrir seule, faire des erreurs, acquérir des bases en faisant mon propre cheminement pour ensuite pouvoir échanger et progresser avec de nouveaux conseils.
Mais cette passion qui m’obsède, son côté viscéral, m’entoure depuis toute petite.

Elle ne vient pas de moi mais de ma mère. C’est elle qui tissait et avant elle, sa grand-mère. J’ai donc voulu partager, non pas mon engouement mais vous présenter d’où vient cet attachement à ce procédé ancestral qui fait son grand retour depuis quelques temps en France.

Grand saut dans le passé, que vous aviez peut-être aperçu sur instagram. Il s’agit d’une des rares photos que nous avons de mon arrière-grand-mère hollandaise, en train de tisser. Ce grand et beau métier me laisse songeuse… Sublime. Elle est belle, n’est-ce pas ? Droite sur son tabouret, les mains à l’ouvrage sur le métier. Quelle belle surprise de découvrir cette photo. Je ne la connais pas, mais cette archive me touche profondément.

weaver oma/ DeerJane

Je ne connais pas son travail, peut être qu’il est aux Pays Bas où chez ma grand-mère. Je ne l’ai jamais vu. Mais ça me rend curieuse.

Autre génération de tisseuse, autre technique plus proche de la mienne, autre souvenir en retrouvant un des tissages de ma mère que j’avais déjà évoqué ici.

Une petite séance photo improvisée dans le jardin plus tard et voici le résultat entre fleurs de cerisier et verdure printanière.

Weaving mum by DeerJane

cherryblossom by DeerJane

J’ai choisi de présenter celui que j’aime le plus: grand dans des tons neutres.

Maman tisseuse by DeerJane

et quelques zooms:

Le détail des franges est magnifique entre noeuds et tresses.

weavingmum by DeerJane

Tissage détail frange/ DeerJane

zoom weaving/ DeerJane

détail/ DeerJane

weaving fringe by DeerJane

Des générations de tisseuses dont je suis fière qui rendent ma passion plus intime, plus forte et me pousse à continuer, développer mes techniques, et augmente l’envie de transmettre.

Je mets une certaine douceur, une tendresse dans chacun de mes tissages, car à travers mes mains, c’est tout l’amour que j’ai pour ma mère que je transpose.

*******

Allez, en bonus, je mets une photo de ma fille, il y a un an, qui testait le tissage.
Evidemment, je l’ai BEAUCOUP aidée !

weaving kid by DeerJane

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