Tissage – Deux méthodes pour monter sa chaîne sur le métier

Avant de parler des points de base ou de points plus originaux, je voulais présenter deux manières de monter son fil de chaîne sur le métier à tisser.

C’est assez simple en fait, dans les deux cas, il suffit de laisser couler le fil d’encoche en encoche.*

*Je parle d’encoche dans le cas du métier présenté ici, mais il peut s’agir de clous ou autre.

Dans mon panier:
– Un métier à tisser
– Du fil de coton
– Une paire de ciseaux

 loom/ DeerJane

Il existe divers métiers à tisser, de formes et d’utilisations différentes. La plupart des miens viennent de Butinette. J’en ai acheté un, une fois, et les autres m’ont été offerts à diverses occasions. Du coup, j’en ai de différentes tailles. C’est très pratique d’en avoir plusieurs pour ne pas bloquer une idée quand un métier est pris. Ici, vous pouvez voir un autre métier que j’aime beaucoup. De part sa forme, il est très pratique pour se glisser dans un sac de voyage, il vient de Board and Bread, c’est vraiment un bel outil. Mon coup de coeur de poche !

>>> Il est aussi tout à fait possible de s’en fabriquer un avec un cadre, des tasseaux… J’avais dit en mai dernier que je m’en fabriquerai un très grand mais ce n’est toujours pas fait.

Celui des photos est le tout petit de Butinette, il est parfait pour commencer à sa faire la main.

Voici mes deux méthodes pour monter ma chaîne sur le métier à tisser.

La première est la plus simple, elle permet de préparer le métier rapidement et simplement. Elle donne une chaîne assez espacée selon la taille de séparation des encoches.
Je l’utilise avec des matières épaisses comme les très grosses laines ou le trapilho.

weaving class/ DeerJane


1. Nouer le fil à la base.
2. Emmener le fil sur le haut du métier pour le passer dans l’encoche qui se situe en face.

weavingclass/ DeerJane

3. & 4. Tourner autour de l’encoche pour redescendre vers le bas du métier et passer le fil dans l’encoche suivante.

monter la chaîne/ DeerJane

5. Continuer ainsi de suite jusqu’à obtenir la largeur voulue.
6. Couper et Nouer le fil à la fin, en bas du tissage.*

* C’est toujours mieux si les deux nœuds se situent du même côté du métier. J’aime les mettre en bas pour garder les “boucles” en haut et passer ensuite un bout de bois pour tenir le tissage sans avoir à refaire de noeud.

Voilà pour la base. Maintenant voici une deuxième manière de monter sa chaîne sur le métier.

Cette seconde méthode est celle que je préfère, elle n’est pas vraiment plus compliquée et permet d’avoir une chaîne plus serrée et donc un tissage par la suite plus fin. Il suffit de doubler le fil sur chaque encoche. Cette méthode permet de faire des motifs et des détails plus délicats. Pour faire de jolis cercles ou des diagonales précises (ou autres motifs…) c’est toujours mieux d’avoir une chaîne serrée, le rendu sera plus précis.

Le procédé d’installation est le même que la première méthode mais il faut repasser dans chaque encoche (plutôt que d’aller dans celle en face) pour doubler le fil. En photo, c’est plus limpide.
>>>Je laisse la première méthode sur le métier pour voir la différence d’espacement.

deuxième méthode/ DeerJane

1. Nouer le fil à la base et emmener le fil sur le haut du métier pour le passer dans l’encoche qui se situe en face.
2. Repasser le fil dans la première encoche (celle où il y a déjà le fil).

chaîne/ DeerJane

3. Continuer ainsi de suite jusqu’à obtenir la largeur voulue.
4. Couper et Nouer le fil à la fin.

Voici, de plus près ce que donne les deux manières de monter sa chaîne. On voit bien que la première est plus espacée.

Weaving by DeerJane

A vous de choisir votre méthode et d’utiliser ces deux manières de monter votre chaîne selon vos besoins et ce que vous comptez tisser.

Weaving/ DeerJane

Il s’agit de deux méthodes de base. Certains métiers, proposent de passer le fil de chaîne dans un peigne envergueur ce qui permet par la suite de monter plusieurs fils en même temps pour passer ensuite la navette. Ce n’est pas tellement plus compliqué avec un peigne envergueur, il faut juste se faire la main.

Le tissage souvenir

Il y a un lieu qui me tient à cœur, un lieu où j’ai passé la plupart de mes étés. Il s’agit du village de naissance de mon père qui se trouve dans les montagnes espagnoles en Castille.
Un village traversé par une rivière et qui a un lac à quelques kilomètres. Le village de la maison de mes grands-parents, le village des étés en famille (qui ne se passaient pas toujours bien ). Puis c’est devenu le village des premières nuits blanches, des découvertes, de la fête… Au fil du temps, pour moi ce village est passé de l’état de grosses bringues à celui de l’isolement volontaire, lieu de repli. Un lieu où la nature est partout et où l’on peut se ressourcer. C’est ici que je fais un break, ici que je réfléchis aux années passées, ici que je peux tourner des pages.

Il me tardait de pouvoir y emmener mon barbu et ma fille. Jusqu’à présent, nous n’avions jamais pu y aller pour diverses raisons et j’avais grand hâte de me retrouver, là-bas, en famille et leur faire découvrir la montagne, la vie de village, les bains d’eau fraîche dans la rivière, les odeurs si singulières des plantes, les tapas, les bières pas chères et ce rythme si caractéristique de l’Espagne. Cette année, enfin, nous avons pu vivre quelques semaines dans la maison, de mes grands-parents, qui est restée dans le même état que de leur vivant.

Cette année, j’ai pu emmener dans mon bagage un petit métier à tisser de voyage que m’a mère m’a offert pour mon anniversaire. Il est très pratique et se glisse un peu partout facilement.
De part sa petite taille, il m’a invité à tisser tous les jours et tester toutes sortes de choses que vous avez pu apercevoir ici cet été.

matériel pour tisser/ DeerJane

Dans mon panier:
– Métier à tisser
– Ciseaux
– Laines
– Chanvre
– Ecorces d’eucalyptus et bois flotté

matière pour tisser/ DeerJane

J’adore cette odeur particulière de l’écorce d’eucalyptus. Du coup, ce tissage devait en avoir et devait sentir ce lieu qui m’est cher. Il y a plusieurs eucalyptus près du plan d’eau où nous allons, il n’y a qu’à se baisser pour le ramasser. Pareil pour le bois flotté qu’on trouve facilement entre les rochers de granit.

Pour la laine, j’ai utilisé mon combo fétiche ivoire/or.

matos

Une fois le matériel rassemblé il faut monter la chaîne sur le métier à tisser.
1. Ici, j’ai utilisé du chanvre que j’ai coupé de même longueur.
2. & 3. Il faut simplement passer chaque brin plié en deux dans les encoches et nouer les deux bouts sur l’extrémité du métier.
4. Avec cette méthode, les franges sont déjà prêtes pour le tissage.

Monter la chaîne sur le métier/ DeerJane

5. & 6. Avec l’aide la navette, tisser en passant un coup au dessus, un coup en dessous de chaque fil de chaîne (voir “Anatomie d’un métier à tisser”)
7. Une fois passé toute la navette, faire demi tour emais cette fois-ci en passant un coup en dessous, un coup au dessus… ( Il faut que ce soit inversé par rapport au fil du dessus. )

weaving class by DeerJane

8. Voici un zoom, qui montre le dessus-dessous/dessous-dessus. Toujours penser à tasser sa trame avec un peigne.

Weaving class by DeerJane

9. En doublant une laine blanche avec une laine dorée, on obtient des effets sympas.
10. Avec l’aide d’une aiguille passer les deux brins sur toute la largeur du métier en passant un coup au dessus un coup en dessous.
11. A l’aide des doigts, tirer entre chaque fil de chaîne pour donner un effet “moumoute”.

Weaving class by DeerJane

12. 13. 14. Faire plusieurs passage de “moumoute” et reprendre la navette de laine blanche pour continuer le tissage.

Weaving class by DeerJane

15. Placer quelques écorces en faisant attention de ne pas les casser.
16. Pour continuer de tisser avec la laine, mieux vaut une grosse aiguille qui sera plus pratique que la navette.
17. Continuer ainsi.

eucalyptus by DeerJane

18. Continuer le tissage sur tout le long du métier selon son envie.

Weaving by DeerJane

Il ne reste plus qu’à retirer le tissage du métier et passer un bois flotté entre les boucles supérieures du tissage.

weaving by DeerJane

Voilà un souvenir original de mon été.

/// Métier à tisser: Board&Bread

Anatomie d’un métier à tisser

Lorsque j’ai débuté, j’ai regardé pas mal de vidéos sur youtube pour apprendre les points et d’autres choses. Plus tard, j’ai eu envie d’approfondir encore un peu. Je me suis lancée dans la lecture du livre de Rachel Hine “tapestry for beginners” et parce que j’adore son travail (comme à peu près tout le monde hein ! ) je m’étais offert le “beginner’s weaving companion” de Maryanne Moodie. Ils sont en anglais et parfois certaines choses m’ont échappée. La plupart de mes recherches aboutissent toujours à des documents en anglais et je ne trouve rien en français.

Bien sûr, vous pouvez faire votre propre chemin d’apprentissage dans le tissage, mais c’est l’occasion pour moi de rassembler les bases pour que celles et ceux qui souhaiteraient se lancer puissent avoir un lieu où chercher et trouver des solutions.

Je commence donc, tout simplement, par une leçon d’anatomie du matériel pour tisser.

Sur la photo, il s’agit d’un tout petit modèle, il en existe des plus grands, mais pour débuter, je conseille un petit métier histoire de faire son expérience. (Si vous ne souhaitez pas vous lancer dans l’achat d’un métier, aussi petit soit-il, vous pouvez commencer avec “la méthode du carton”. C’est comme ça que j’ai fait mon premier tissage, après avoir vu une vidéo (toujours en anglais !), ici vous trouverez un tuto en français.)
J’aime beaucoup les petits métiers pour tester des points ou laisser mes mains vagabonder librement sur le métier à la manière de l’écriture automatique des surréalistes.

Tout d’abord, voici le matériel dont vous aurez besoin.

Anatomy of a loom/ DeerJane

Métier à tisser: Il s’agit du cadre en bois muni d’encoches (ou de clous…) pour passer le fil de chaîne qui servira de base au tissage. Il peut être dans d’autres matières, mais il faut qu’il soit rigide pour supporter la tension du fil de chaîne.

Laine: Je mets “laine”, mais on tisse ce que l’ont veut. Tissu, soie, laine, tricotin, corde, jean, tulle, coton, ruban… mais aussi écorce de bois (vous pouvez voir ici un tissage fait avec de l’écorce d’eucalyptus que j’ai fait cet été) Une matière vous plait ? Pourquoi ne pas la découper et l’insérer dans un tissage

Ciseaux: oui, c’est quand même pratique. En cas de coup dur, un coupe ongle, ou même les dents mais bon…

Navette: C’est un outil long avec des encoches aux bouts pour pouvoir enrouler la matière à tisser. C’est assez pratique et il existe différentes manières d’enrouler son fil dessus. Je vous montrerai plus tard. Les navettes ont le même intérêt que les “papillons” ou les “bobines”.

Aiguille: Une aiguille à laine, c’est parfait pour les petits motifs ou pour le travail plus fin. C’est aussi très pratique pour rentrer les fils pour avoir de belles finitions.

Peigne: En bois, en plastique… il sert à pousser le fil de trame sur le tissage pour bien le serrer.

Peigne envergeur: J’ai mis plusieurs modèles sur la photos (1-2-3) qui viennent de mes différents métiers. Cet outil sert à soulever plusieurs fils de chaîne – en général, un fil sur deux – pour simplifier le passage du fil de trame avec la navette. Il n’est pas obligatoire de les utiliser, c’est une question de préférence. C’est assez pratique quand il n’y a pas de motif. Sur la photo, vous pouvez voir en 3. juste un bout de bois que je passe par dessus par dessous. Il a la même utilité: soulever en même temps plusieurs fils de chaîne pour faciliter le passage.

Maintenant, approchons nous un peu du métier à tisser pour détailler son anatomie.

anatomy of a loom/ DeerJane

Chaîne: C’est le fil qui sert de support au tissage. Il est vertical. Le fil de chaîne se monte sur le métier à tisser, parallèles les uns aux autres.

Trame: Le fil de trame est ce qui va donner le “visuel” du tissage, il va créer les motifs et la texture de la tapisserie. C’est le fil horizontal.

Papillon: Un joli nom pour une manière toute simple de nouer son fil lorsqu’il est long. Cela facilite le passage du fil de trame entre le fil de chaîne. Les papillons ont la même utilité que les navettes ou l’aiguille à laine ou à tapisserie.

Arc-en-ciel: (ou pont) Une méthode toute simple pour garder la même tension dans le tissage et ne pas trop serrer son fil de trame au fur et à mesure.

Voilà une bonne base de vocabulaire qui servira par la suite. J’espère que cela vous a été utile !

loom by DeerJane

>>> Prochainement: les points de base.

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